Mars livre un nouveau secret enfoui au fond d’un cratère

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Le robot Opportunity a exploré le cratère Victoria, qui mesure environ 750 mètres de diamètre et 75 mètres de profondeur.

Les données recueillies par le robot Opportunity prouvent que la planète rouge possédait de vastes mers.

Les données collectées sur la planète Mars par le robot mobile Opportunity lors de son exploration d’un vaste cratère ont apporté nombre de nouvelles informations sur la planète rouge. Elles confirment que de vastes étendues d’eau ont bien été présentes à sa surface. L’équipe de scientifiques (34 personnes) chargés de gérer les données collectées par le petit rover vient de publier ses conclusions (Science, 22 mai).

Opportunity, arrivé sur l’hé mis phère Ouest de Mars en janvier 2004, quelques jours après son sistership Spirit posé, lui, sur l’hémisphère Est, devait fonctionner trois mois. Il a entamé, bien qu’un peu affaibli par divers problèmes techniques, sa cinquième année de patrouille martienne. Quand il se déplace, c’est à raison de 20 à 40 mètres par heure. Il a exploré Eagle, le petit cratère dans lequel il s’est posé et un deuxième un peu plus grand, Endurance, situé 800 mètres plus à l’est. Tout cela en un peu moins d’un an.

Puis il a mis le cap sur le grand cratère, Victoria, situé à 6 kilomètres au sud des deux premiers. Il lui aura fallu une trentaine de mois pour, en septembre 2006, l’atteindre. Et il mettra 682 jours martiens (une journée martienne dure 24 heures et 37 minutes) pour y mener ses investigations.

Le cratère Victoria mesure environ 750 mètres de diamètre et 75 mètres de profondeur. Il possède une petite bosse centrale de quelque 200 mètres de diamètre, haute de 4 à 5 mètres, dotée elle-même d’un champ de dunes.

À l’origine, la météorite qui l’a créé devait avoir fait un «trou» de 600 mètres de diamètre et de 125 mètres de profondeur. Aujourd’hui érodé, le cratère présente un bord irrégulier, festonné de promontoires escarpés, encore appelés caps, alternant avec des renfoncements aux pentes moins prononcées, appelées baies.

Une descente périlleuse

C’est par l’une de ces baies (Duck Bay, ou «baie du canard») qu’Opportunity a pénétré dans le cratère, après avoir exploré, en partant dans le sens des aiguilles d’une montre, un quart du pourtour du cratère, examinant les couches rocheuses visibles. Il a non seulement ramené des photos spectaculaires, mais aussi des analyses chimiques et spectrométriques des différentes roches qu’il a rencontrées.

La partie la plus périlleuse de ce périple a été la descente proprement dite dans le cratère. «Nous ne voulons pas que ce soit un aller simple, affirmait ainsi Steve Squyres, de la Cornell University, responsable de l’équipe scientifique d’analyse des instruments scientifiques des robots. Nous avons encore d’excellents objectifs scientifiques auxquels rendre visite après Victoria. Maissi jamais Opportunity devait y rester, gageons que les connaissances engrangées en au ront valu la peine.»

Le pari est gagné à double titre. On est sûr maintenant que le cratère est d’origine météoritique, qu’il y avait de vastes étendues d’eau sur Mars, que l’on peut qualifier de mers, et qu’il y avait des dunes de sable formées par le vent, semblables à celles que l’on peut trouver sur Terre et qui datent du jurassique. Et Opportunity a pu ressortir du cratère. Pour repartir vers d’autres aventures.

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