Un ancien lac découvert sur Mars

Reconstitution d'un paysage traversé par le lac Shalbatana, sur Mars, tel qu'il devait être il y a 3,4 milliards d'années.

Reconstitution d'un paysage traversé par le lac Shalbatana, sur Mars, tel qu'il devait être il y a 3,4 milliards d'années.

Cette grande étendue d’eau, aujourd’hui asséchée, pourrait receler des traces de vie fossile.

Des chercheurs américains viennent de déceler les traces d’un ancien lac sur Mars, qui recouvrait, il y a environ 3,4 milliards d’années, le fond d’un canyon long d’une cinquantaine de kilomètres. D’après les calculs effectués par l’équipe de Gaetano Di Achille à l’Université du Colorado (États-Unis), ce lac d’une profondeur de 500 mètres devait s’étendre sur environ 200 kilomètres carrés, soit un peu plus du tiers de la super ficie du lac Léman.

Pour faire cette découverte, publiée dans la dernière édition de la revueGeophysical Research Letters, les chercheurs se sont appuyés sur les images transmises par le satellite Mars Reconnais sance Orbiter (MRO). Lancé par la Nasa en août 2005, ce petit orbiteur qui survole la planète rouge à basse altitude (320 kilomètres) est équipé d’une caméra capable de visualiser des détails de seulement un mètre.

L’analyse de ces images ultra-précises indique que ce canyon, situé dans la région de Shalbatana Vallis, a été creusé sous l’action de l’eau et qu’il s’ouvrait sur une ­vallée plus large comportant d’importants dépôts de sédiments qui formaient un grand delta. Ce qui suggère qu’un autre lac plus grand couvrait ce secteur, souligne le géologue Brian Hynek, de l’Université du Colorado, et l’un des coauteurs de cette étude.

Les travaux de datation montrent que le lac Shalbatana s’est probablement formé il y a 3,4 milliards d’années, durant la période de l’Hespérien. Soit 300 millions d’années après la fin de l’ère chaude et humide du Noachien, qui s’est étalée entre – 4,1 milliards et – 3,7 milliards d’années. Il est donc relativement récent.

Mission américaine en 2011

Mais, contrairement aux affirmations enthousiastes de Gaetano Di Achille, il ne s’agit pas «des premières indications solides de l’existence passée de rivages sur Mars». Il y a quatre ans, une équipe d’astronomes français avait déjà révélé, dans le Journal of Geophysical Research, l’existence d’anciens lacs datant de la même période dans la région de Valles Marineris. «Cette découverte n’est pas une révolution mais une confirmation», souligne Nicolas Mangold (CNRS/université de Nantes), qui rappelle que la présence d’eau liquide, il y a quatre milliards d’années, a été attestée par la sonde européenne Mars Express en décembre 2005.

Une chose est sûre : le lit et les dépôts sédimentaires de ces paléolacs constituent des cibles de choix pour de futures missions robotiques dédiées à la recherche de signes de vie passée. C’est notamment le cas de la mission américaine MSL, qui partira pour Mars en 2011. «Sur Terre, les deltas et les lacs sont des lieux riches en fossiles», souligne M. Di Achille, estimant que «si la vie a un jour existé sur Mars, les deltas pourraient bien détenir la clé de son passé biologique».

Aujourd’hui l’eau ne coule plus à la surface de la planète rouge. Elle n’existe plus que sous forme de glace, comme l’a confirmé il y a un an la sonde américaine Phœnix, qui s’était posée près du pôle Nord martien.

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